jeudi 6 septembre 2012

Une vie à coucher dehors - Sylvain Tesson





Les nouvelles de l'aventurier-voyageur Sylvain Tesson ont pour point commun, d’après la quatrième de couverture, de nous montrer à quel point les individus sont dominés par la Nature, malgré leurs tentatives d’en être le maître, ou de contrer le logique des éléments.

Commençons par Edolfius, père de famille géorgien. Edolfius devient une figure de son village le jour où il décide de rallier celui-ci à la ville la plus proche avec du béton. Convaincu que l’asphalte est la seule issue au dépeuplement des campagnes, effrayé à l’idée que leur destinée soit d’évoluer dans l’ombre des villes, il ne soupçonne pas que tout ce que cette entreprise peut signifier…

Il y a aussi celui qui fut pendant des dizaines d’année à la tête d’un élevage intensif de porcs et qui est devenu fou à l’idée de renoncer à prendre soin des bêtes et en faire des aliénés parqués serrés dans des hangars.

Celui qui devint ermite pendant 40 ans pour éviter la prison à vie, sachant qu’au bout de 40 ans il pourra se dénoncer car il y aura prescription pour son crime.

Ma préférée, je vous la raconte en entier…

C’est l'histoire de survivants d'un bateau de croisière qui a coulé, ils échouent sur une ile.
Ils sont 5 ou 6, tous de nationalités différentes
Commencent à s'organiser
Rapidement s'ennuient
Mais l'un d'eux, le hongrois, qui a pu récupérer sa malle de LIVRES, décide de leur raconter une histoire par soir
Il raconte tellement bien que pendant la journée tous parlent de l'histoire de la veille, de possibles futures péripéties (car souvent l'histoire a plusieurs épisodes)
La seule chose c'est que personne ne sait que les histoires ne sont pas issues de son imagination ou de son souvenir
Ils l'élèvent en demi-dieu
Un jour pendant sa sieste, l'un d'eux vient lui rendre visite dans son habitation de fortune
Le hongrois dort
Le visiteur voit la malle de livres
Il devient fou
Son demi-dieu est un imposteur
Il appelle les autres
Ils le réveillent, le ruent de coups et le précipitent du haut d'une falaise
Ils sont plein de haine
Scène finale : regardant le cadavre échoué du haut de la falaise, l'un dit à un autre "tu sais lire toi?"
Aucun d'eux ne sait lire
L'ennui mortel va reprendre son cours

Les quinze histoires finissent mal, il faut le savoir. Mais Sylvain Tesson réussit le pari de capter notre attention à chaque début de nouvelle. Cette lecture fait partie de celles que l’on referme en se disant que l’auteur s’est admirablement employé à faire voguer notre imagination. 

Prix Goncourt de la Nouvelle 2009

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